La liberté de la presse en Mauritanie a reculé de 11 places en 2026. Ce constat de Réseau Sans Frontières ne surprend pas les observateurs qui pointent un décalage entre le discours officiel et les pratiques effectives qui constituent le cœur du recul actuel.
L’affaire récente de l’interpellation du directeur d’Al akhbar s’inscrit dans cette logique. Le journaliste n’est pas arrêté pour un délit de presse mais pour l’intimidation pour ses révélations gênantes sur la gouvernance de Ould Ghazouani. Ensuite, la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel censée réguler la presse est devenue un outil de contrôle politique. Le recul de la liberté de la presse est aussi matériel avec des salaires faibles dans le secteur public et des salaires qui varient dans le privé. Cette précarité transforme les journalistes en travailleurs vulnérables, exposés à l’autocensure. La loi pour la protection des symboles de l’Etat constitue une atteinte à la liberté de la presse. Les plateformes numériques sont devenues un terrain de contrôle via les accusations d’“atteinte à la cohésion sociale et l’unité nationale ». Dans un pays où la liberté de la presse est un écosystème du pouvoir, aucune réforme n’est vouée au succès. Quand la presse est surveillée, intimidée ou précarisée, cela signifie une gouvernance autoritaire.

Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 01 mai 2026)
Suggestion Kassataya.com :
Classement 2026 : la liberté de la presse au plus bas depuis 25 ans
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